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Ce week-end démarre l'exposition du sculpteur Stephan Balkenhol, au musée de Grenoble.

Ce sculpteur allemand travaille le bois d'une manière originale : on voit bien que c'est du bois (les traces du ciseau laissent apparaitre la matière), mais les sujets traités pourraient tout aussi bien être en plastique moulé, tant on croirait des mannequins stéréotypés.

Je n'ai pas encore vu cette exposition, mais voici quelques informations et photos glanées sur internet sur cet artiste :

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"Stephan Balkenhol est un sculpteur allemand né le 10 février 1957  à Fritzlar (Hesse). Professeur de sculpture à l'Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe depuis 1992, il est un des plus importants sculpteurs d'Allemagne. Pendant ses études à l'École des Beaux-Arts de Hambourg, il devient l'assistant (de 1976 à 1982) d'Ulrich Rückriem. Dès les années 1980, il travaille à une oeuvre figurative. Ses sculptures en bois constituent un monde particulier peuplé d'hommes et de femmes ordinaires et simples, le plus souvent grandeur nature et aux visages inexpressifs, par exemples dans son oeuvres "trois femmes nues" réalisée en 1993, sculpture en bois, où celle-ci ont un visage ne laissant apparaître aucune émotions.

Il vit et travaille à Meisenthal (Moselle). Stephan Balkenhol réalise des objets sériels, entretenant un rapport fort avec la matière, tout en interrogeant l’histoire de la sculpture. Sa sculpture joue également sur le décalage des échelles : les «gros plans» avec la Grande tête, sculpture monumentale placée à Londres au bord de la Tamise, les personnages traités en pieds et présentés en groupe ou isolés. Ainsi, pour Balkenhol, les différences d’échelle sont le propre de l’artefact de la sculpture. Son rapport à l’histoire s’explique par diverses références qui transparaissent dans son travail : la taille directe et les couleurs vives font penser à l’expressionnisme, alors que la représentation du serpent enroulé autour d’un tronc ou des personnages portant leur tête semblent rappeler la statuaire médiévale. Pourtant, Balkenhol ne revendique aucun message religieux, idéologique ou social, bien que ses sujets soient profondément ancrés dans une mémoire ou tradition visuelle de la sculpture dans l’histoire de l’art.  Il privilégie simplement une conception figurative pour ses sculptures. La série des hommes et femmes de Balkenhol n’ont pas d’expression particulière, ils sont très simplement vêtus, sans connotation sociale. L’attitude est toujours hiératique, avec parfois l’ébauche d’un geste. Il s’agit de figures ordinaires.

Le bois est le matériau de prédilection de l’artiste car il est plus neutre que le bronze ou le marbre (c'est-à-dire qu’il fait moins référence à la période classique de la sculpture). Ses objets sculptés présentent toujours un aspect brut, témoignant de la volonté de laisser visibles les traces du travail sur la matière (traces de gouges par exemple). La jeune femme est sculptée directement dans la masse du bois et présente quelques traces de polychromie  rappelant autant la statuaire médiévale que la sculpture expressionniste. Petit Nu présente également un rapport d’échelle intéressant. Le socle est immense par rapport à la taille du personnage, et peut faire penser à un bloc «minimaliste». Ainsi juchée sur son immense socle vertical la figure féminine devient un petit «objet» précieux.

Bien qu'installé en France depuis plus de 15 ans, le sculpteur allemand Stephan Balkenhol demeure peu connu dans l'hexagone.
Ses œuvres sont rares au sein des collections publiques et, en dehorsde quelques expositions organisées par sa galerie parisienne, son travail n'a été que parcimonieusement montré dans les institutions françaises. De fait, la grande exposition que présente le musée de Grenoble est la première de cette importance à lui être consacrée dans notre pays. Illustrant les différents thèmes abordés par l'artiste ainsi que les différentes techniques qu'il utilise ( ronde, bosse, relief, dessin) , elle se concentre plus particulièrement sur la production des dix dernières années mais quelques œuvres des périodes antérieures ont été choisies pour mettre en perspective les développements récents. Elle permet de prendre conscience de la pleine dimension d'une démarche qui, sous un propos d'une apparente modestie – le réinvestissement d'une certaine tradition de la sculpture figurative – offre une image renouvelée, non dénuée d'humour, de la statuaire anthropomorphique et une exploration subtile de la psyché contemporaine."

http://www.leblogart.com/images/2008/03/20/450pxbalkenhol_mann_und_frau.jpg  Stephan Balkenhol: Three Men on a Sculpted Pedestal, 2000 -
Sculpture

 

Pour se rendre à l'exposition : Du 30 octobre 2010 au 23 janvier 2011: tous les jours sauf le mardi de 10h00 à 18h30.

Gratuit pour les moins de 18 ans et pour tous le 1er dimanche du mois. Adulte: de 3 à 5 €. Tarif étudiant: 2 €.

Si vous allez voir cette expo, ne manquez pas de rendre visite à la prophétesse d’Antinoé, cela fait déjà quelques mois qu'elle est exposée dans la salle des antiquités égyptiennes, mais je n'en avais pas encore parlé ici. Les enfants avaient particulièrement hâte de voir "une momie" (en fait, ce n'est pas une momie au sens propre car son corps n'a pas été momifié, elle est "seulement" desséchée). Mais en voyant son visage tout rabougri, ils faisaient moins les fiers. Il est vrai que sa mâchoire est assez impressionnante, surtout pour les plus petits !

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La photo est un peu pourrie, à cause des reflets (la momie est sous cloche).

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Sale tête, hein ?

Voici ce que j'ai pu trouver sur internet (ici) concernant cette prophétesse :

"Exposée au Musée Guimet (à Paris) dès son arrivée en France en 1907, celle que l’on nomme « la prophétesse d’Antinoé » a voyagé jusqu’à Grenoble, pour être cachée dans les réserves pendant plus de cinquante ans. Son retour dans les salles des antiquités égyptiennes est un événement auréolant ces dernières d’un regain d’intérêt bienvenu. La prophétesse n’est pas une momie comme les autres : pas de bandages, pas de traces d’un quelconque produit permettant la momification du corps. C’est que nous avons ici affaire à un « corps momifié », conservé de manière tout à fait extraordinaire et naturelle : un simple cercueil de bois, un lit de feuilles, un enterrement à 2m50 sous terre et les conditions climatiques favorables d’Antinoé en Egypte ont suffi à nous léguer ces restes fascinants. La petite dame n’est pas si vieille que les momies d’Egypte ancienne – celles que l’on retrouve lors des fouilles dans les tombeaux des pharaons – elle a vécu sous l’ère chrétienne du VIe siècle. Aucune certitude quant à son rôle et son statut, le nom qu’elle porte étant le fruit de la confiance accordée à l’archéologue qui l’a découverte (Albert Gayet) qui a affirmé avoir lu ce mot sur le cercueil avant que celui-ci ne parte en miettes. La présence d’un oiseau augural dans la tombe et l’usure caractéristique de ses dents – qui semblent avoir mâché des plantes aux vertus hallucinogènes, propices à faciliter les visions – viennent corroborer cette hypothèse mais, quoi qu’il en soit, le mystère demeure…"

Et pendant que vous vous trouvez au musée (éh oui, nous, pour y aller, on doit faire 40 km, alors on optimise la visite, n'est-ce pas), ne manquez pas de saluer les mariés du "songe d'une nuit d'été", de Chagall, c'est mon tableau préféré...

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D'ailleurs, si le musée pouvait installer ce genre de fauteuil si confortable juste en face du tableau, cela rendrait ma prochaine visite encore plus agréable...

Bonne visite !

Chloé

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